Interview

Monsieur Margain, est-ce que vous pouvez s’il vous plaît nous parler un peu de vos débuts de votre parcours en politique et de vos engagements ?

J’avais 20 ans, j’étais jeune giscardien. Je  défendais déjà à l’époque cette idée d’une société plus engagée sur la place de l’être humain dans l’économie, ce que l’UDF soutenait. C’était le premier parti auquel j’ai adhéré. En 1990 je pars à Londres pendant presque 10 ans où je me suis investi dans des ONG. J’en ai même fondé une: New Ways.

J’ai rencontré et me suis rapproché de Lord Alton, qui est en Angleterre un des symboles de la Démocratie Chrétienne. Il est le député du Royaume réélu le plus longtemps sans interruption dans la circonscription de Liverpool. Il siège maintenant à la chambre des Lords depuis 2001.
Il a défendu toute sa vie la primauté de la personne. Nous avons lutté ensemble et mené des combats sur des sujets d’éthique. J’ai ensuite quitté Londres, pour la Suède.

Lorsque je rentre à Paris en 2002, je rencontre Madame Boutin; la Madame Boutin des prisons, du dividende universel, de la loi Logement. Nous créons le Forum des Républicains Sociaux et nous devenons un des membres fondateurs de l’UMP. Sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin j’ai eu l’honneur de présenter un rapport sur la dépendance des personnes qui vivent dans la rue. À l’époque le Président Sarkozy souhaitait proposer une réforme de la dépendance. La crise de 2008 et ses conséquences ont empêché le gouvernement de prolonger ce projet. 

Nous avons toujours combattu pour remettre sans cesse l’homme et sa dignité dans le cœur du débat politique. Nous avons transformé le Forum des Républicains Sociaux en Parti Chrétien Démocrate en 2009. Lors du débat sur le mariage pour tous, nous avons été associés comme proche de l’extrême droite ou identitaire, c’est dommage car cela n’a jamais été mon cas. Nous nous sommes faits un peu débordés sur notre droite. J’étais essentiellement contre la loi Taubira et je le demeure. ; c’est assez important en politique de rester cohérent avec ses idées. Je n’ai jamais été opposé à l’union des personnes de même sexe.

Lorsque Christine Boutin a quitté la présidence du parti, ce fut un moment difficile. J’étais au cœur de la campagne des élections primaires de Paris où je défendais notamment un Paris plus attentif aux familles, aux plus pauvres. Son soutien aurait été nécessaire pour la suite.  Je n’ai pas vu dans Jean-Frédéric Poisson un successeur. Mon engagement au Parti Chrétien Démocrate est devenu plus compliqué. Ma rupture a été totale lorsqu’il a souhaité une alliance avec l’extrême-droite et Mr Dupont-Aignan. Je suis aujourd’hui à part entière chez Les Républicains, je défends les courants d’idées centrés sur la protection des plus fragiles et la dignité de l’homme. Pour cette raison je veux faire vivre les idées de la démocratie chrétienne et continue à m’investir dans le mouvement d’idées « Les Sarments ».

Monsieur Margain, est-ce que vous pouvez s’il vous plaît nous dire à quelles élections vous avez été candidat ?

La première élection à laquelle je participe est en 2008 sur la liste de Christian Blanc au Chesnay ; nous avons fait un score assez honorable pour arriver au 2ème tour avec 30%.

En 2012, je me présente à ma première législative à Paris où je fais 5% dans le 12ème, avec une étiquette PCD, en dissidence contre Mr Beigbeder UMP et contre la gauche. Ce fut en vérité un très bon score. Le meilleur pourcentage des dissidents de Paris et surtout je gagne la confiance des électeurs avec le même nombre de voix que les écologistes.

En 2014 je me présente aux primaires de la droite pour la Mairie de Paris ou j’obtiens plus de 10% des voix. J’intègre la liste de NKM avec qui je scelle une alliance (qu’elle essaiera de trahir), nous obtenons 49% des voix.

J’ai également participé à deux élections régionales avec Madame Pécresse la première en 2010, où nous obtenons 45% contre Mr Huchon. Je suis élu pour la première fois Conseiller Régional d’opposition. Nous nous présentons à nouveau en 2015 et nous gagnons  la région Île-de-France.
Ce sera ma première victoire électorale dans un exécutif. 

Monsieur Margain, quels sont pour vous les temps forts de votre parcours politique ?

Il y en a eu plusieurs. La période avec Christine Boutin au Ministère du Logement, mais c’était plus un temps fort pour le parti à l’époque que pour moi ; je n’étais pas dans le cabinet de la ministre. J’ai participé à de nombreux de ses engagements, où j’ai eu le bonheur de. rencontrer de nombreuses personnes de tout horizon et de tous les secteurs de l’activité
économique.

Un des grands temps forts de ma vie politique, a été la campagne des primaires de Paris pour les élections municipales de 2014. Sur de nombreux plateaux de télévision j’ai vraiment pu défendre un corpus d’idées, d’un Paris moderne, tourné sur la cohésion, la communication des. personnes. J’ai présenté des solutions pour vivre encore en famille à Paris et conserver un tissu social solide.  

Le temps le plus fort de ma vie politique a été notre victoire à la région Ile de France en 2015 derrière Valérie Pécresse. J’ai été élu président de Paris Région Entreprises, agence en charge du développement économique de la Région et en particulier de l’attractivité. Dans cette fonction je représente la Région dans de nombreux forums internationaux pour présenter. l’attractivité de notre territoire.  

Monsieur Margain, est-ce que vous pouvez s’il vous plaît nous parler de votre courant d’idées  » Les Sarments  » ?

Les Sarments, pour moi c’est un canal supplémentaire de renouvellement de la vie politique. Il est important de faire vivre des idées, d’être force de propositions. Je pense que la droite française a besoin de renouveler son discours. La démocratie chrétienne est un courant de pensées qui peut contribuer à répondre aux problématiques de nos jours. Aujourd’hui Christian Estrosi, Bruno Retailleau, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ont créé des mouvements d’idées. Ils contribueront et compteront pour définir une nouvelle politique de droite.

Je veux faire vivre le courant de pensée incarné par la démocratie chrétienne. Il est en jachère, plus personne ne se bat pour cette doctrine. Je pense qu’elle a toute sa place.
J’ai toujours eu le même engagement, avec le même regard sur la société. Toujours libéral mais opposé farouchement à l’ultra-libéralisme. Je crois aux forces du marché mais régulées par l’État.

Ma devise reste, celle sur mon blog : ce qui est bon pour le faible est bon pour le plus fort. Je n’ai jamais lâché.

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