Macron ou le mépris

Le 9 juin 2016 à 13 h 34 min, par Franck Margain

emmanuel-macron-18_5496258Il y a quelques jours, Emmanuel Macron, en réaction aux grèves et aux blocages a déclaré qu’il fallait : « laisser avancer la France qui travaille ». Cette formule rappelle le fameux « laisser faire, laisser passer ».

Mais là où l’adage libéral s’adressait aux autorités politiques, la formule ultralibérale de Macron, remplie de sous-entendus, est dirigée contre une partie de la population.

Que signifie cette formule : « laisser avancer la France qui travaille » ?

S’il y a une France qui travaille, cela signifie qu’il y a une France qui ne travaille pas. Qui est donc cette France qui ne travaille pas visée par le ministre ?

Sont-ce les grévistes ? Mais ces gens travaillent ! Et ils n’exercent pas les travaux les plus reposants et les plus valorisés. Et ils n’ont fait grève que lorsque le gouvernement a refusé tout débat et dialogue même au Parlement. Sont-ce, de manière incidente, les 6 millions de personnes au chômage ? Mais ces gens ne demandent qu’une chose : être employés !

La formule sous-entend que tous ces millions de Français sont des boulets, qui empêchent les autres d’avancer. Et elle leur demande tout simplement de se mettre à l’écart pour laisser avancer les autres. Or ils sont déjà mis à l’écart. Ces millions de Français au chômage sont déjà marginalisés par leur situation.

En fait, ce que l’ultralibéralisme demande c’est de continuer d’avancer (on ne sait pas d’ailleurs vers où) en laissant des millions de personnes sur le bord du chemin.

L’ultralibéralisme ne se soucie pas des personnes. Il regarde les tableaux de bords économiques et les chiffres financiers. C’est tout ce qui compte pour lui. Et cela s’exprime assez bien dans la problématique du travail le dimanche.

En novembre dernier, les salariés du BHV de la rue de Rivoli, à Paris, ont voté contre un projet d’accord sur le travail dominical dans leur établissement. 6 mois plus tard, on apprend qu’un nouveau projet d’accord a été signé par une minorité de syndicats et cela a suffi pour ouvrir le dimanche. L’avis des salariés ne compte donc pas. C’est aussi cela l’esprit de la malnommée loi travail !

D’ailleurs, son article 1 est édifiant. Il dit que : « des limitations » peuvent être apportées aux « libertés et droits fondamentaux de la personne » « si elles sont justifiées » « par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise ». La notion de bon fonctionnement de l’entreprise est pour le moins floue. Ainsi, même les libertés et droits fondamentaux ne sont plus à l’abri !

Le développement économique de notre pays ne pourra pas se faire en excluant des millions de gens et en asservissant les autres. Il faut en finir avec cet ultralibéralisme qui nous prend en otage. Les blocages sont gênants. Mais ce n’est pas la pénurie d’essence qu’on devrait craindre le plus mais plutôt la pénurie d’humanité.

Malheureusement, notre Premier ministre du moment prend une posture autoritariste, et dit ne pas vouloir « céder à la rue ». En fait, il ne s’agit pas de céder à la rue, mais de prendre en compte la volonté du peuple français. Et c’est précisément ce que lui et son gouvernement ne veulent surtout pas faire.

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