Laudato Si : l’environnement n’est pas la propriété des Verts !

Le 5 août 2015 à 19 h 29 min, par Franck Margain

couv-encyclique-pape-François-Laudato-SiSouvent le débat politique parle des racines chrétiennes de la France et de l’Europe. Et nous pensons naturellement à la culture, à la religion, à l’art, au système politique, aux « valeurs », etc. Mais nous parlons rarement de la préservation de l’environnement.

En effet, le mouvement écologiste de gauche a tellement accaparé ce thème au XXe siècle, qu’il a fini par y être associé exclusivement. Il est indéniable que ce courant politique a participé à la prise de conscience générale concernant cette question. Mais il est aussi indéniable qu’il n’a cessé de polluer cette thématique de considérations libertaires. Cela a causé la marginalisation de ce thème et a suscité la méfiance dans des pans entiers de notre société.

Alors, il est temps aujourd’hui d’affirmer que l’environnement n’est pas la propriété des Verts. Et il est plus que temps, que nous, Chrétiens démocrates, rappelions notre antériorité dans cet intérêt pour la préservation de l’environnement. Car oui, la préservation de l’environnement a des racines chrétiennes !

Déjà en 1224, dans le fameux Cantique des Créatures, Saint François d’Assise louait Dieu pour la beauté de sa création, et parlait de sœur Eau, et de notre mère la Terre. Il louait Dieu pour les fruits, les fleurs et l’herbe. C’est d’ailleurs par ce rappel que le pape François a commencé sa lettre encyclique consacrée à l’environnement.

Il y a en fait une manière proprement chrétienne d’aborder la question de la préservation de l’environnement. C’est une approche qui mérite d’être mieux connue, car elle contient la clé pour résoudre la crise que l’’on traverse.

L’esprit de cette approche est bien résumé dans l’encyclique Centesimus annus : L’homme ne doit pas « disposer arbitrairement de la terre, en la soumettant sans mesure à sa volonté, comme si elle n’avait pas une forme et une destination antérieures que Dieu lui a données, que l’homme peut développer mais qu’il ne doit pas trahir. Quand il se comporte de la sorte au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l’œuvre de la création, l’homme se substitue à Dieu et, ainsi, finit par provoquer la révolte de la nature, plus tyrannisée que gouvernée par lui ».

En fait, la doctrine sociale de l’Église insiste sur la responsabilité qui incombe à l’homme de préserver un environnement sain pour tous. La protection de l’environnement est un devoir universel.

Et cela se décline dans les problèmes pratiques qui se posent à nous.

Voici ce que dit le pape François dans son encyclique Laudato si, à propos du progrès technologique et du travail : « Dans n’importe quelle approche d’une écologie intégrale qui n’exclue pas l’être humain, il est indispensable d’incorporer la valeur du travail […] l’intervention humaine qui vise le développement prudent du créé et la forme la plus adéquate d’en prendre soin, parce qu’elle implique de se considérer comme instrument de Dieu pour aider à faire apparaître les potentialités qu’il a lui-même mises dans les choses […] Nous sommes appelés au travail dès notre création. On ne doit pas chercher à ce que le progrès technologique remplace de plus en plus le travail humain, car ainsi l’humanité se dégraderait elle-même. » Il reste sévère contre ce qu’il appelle les « mythes de la modernité » : l’individualisme, le progrès indéfini, la concurrence, le consumérisme, le marché sans règles et contre un ultralibéralisme inquiétant: « L’économie assume tout le développement technologique en fonction du profit, sans prêter attention à d’éventuelles conséquences négatives pour l’être humain. Les finances étouffent l’économie réelle. »

Les Chrétiens Démocrates s’inspirent de toutes ces réflexions pour en tirer des applications politiques. Nous plaidoyons pour une Ile de France nourricière avec la promotion de l’agriculture biologique, comme un objectif à atteindre progressivement. Nous soutenons les nouvelles technologies énergétiques et le développement des énergies renouvelables. Nous nous engageons pour une nouvelle organisation du travail.

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