Assouplissement de la législation du travail dominical – Le PDG de Carrefour est contre, les commerçants et les élus locaux aussi !

Le 19 janvier 2015 à 17 h 10 min, par Franck Margain

La commission spéciale de l’Assemblée nationale siégeait hier – ironie du sort un dimanche – pour discuter de l’extension des dérogations au travail dominical, dans le cadre de l’examen du projet de loi Macron. Ce projet de loi propose en effet d’étendre le nombre de dimanches potentiellement travaillés à 12 par an sur accord du maire.

L’élu régional et local que je suis ne peut pas passer sous silence les dangers que ce projet représente pour les commerces de centre-ville face à une concurrence disproportionnée des supermarchés installés en périphérie.

Les commerces alimentaires de proximité (boulangerie, primeurs, boucheries,…) qui ont vocation de part leur activité à ouvrir le dimanche réalisent en effet jusqu’à 25 % de leur chiffre d’affaires ce jour là. Rappelons aussi qu’à chiffre d’affaires équivalent ce secteur emploie trois fois plus de personnes que dans le secteur de la grande distribution. L’extension des dérogations au repos dominical pourrait ainsi supprimer jusqu’à 200 000 emplois à terme. On est très loin de l’objectif affiché de croissance et d’activité…

La fréquentation accrue des zones commerciales périurbaines aux dépens des commerces de centre- ville n’est pas exactement le projet dont on puisse rêver en terme de vitalité des centres-villes et d’aménagement du territoire. Faut-il ainsi favoriser un seul modèle de commerce au détriment des indépendants à taille humaine et accélérer la mort des spécialistes, l’abandon des savoir-faire et accentuer la désertification des centres villes?

Même le PDG de Carrefour, Georges Plassat avait affirmé sur France Inter le 8 décembre dernier et réaffirmé ce matin dans les Echos qu’ouvrir les magasins de proximité le dimanche avait du sens pour faire vivre les centres villes, mais pas pour les très grandes surfaces situées en périphérie.

Espérons que le ministre de l’économie saura entendre ces arguments de bon sens lors de l’examen du texte en séance…

Au-delà de cette question précise, je reste fermement opposé au principe de la banalisation du travail dominical.

Au nom d’une vision de la société, qui donne à la préservation de la vie familiale, personnelle, associative ou spirituelle une dimension supérieure à celle de la consommation.

Au nom d’une vision de l’homme qui ne saurait être réduit à la fonction de machine à produire et à consommer.                                                 

Au nom de la défense des travailleurs les plus précaires et de la double contrainte qui pèsera sur eux. En cette période de chômage de masse, comment peut-on en effet prétendre que les travailleurs du dimanche le feront réellement sur la base du « volontariat » ? Comment croire que des personnes qui sont tellement mal payées pourront refuser un surplus le dimanche ? Et comment accepter que les accords de branches priment sur une compensation minimale due à ceux qui seront contraints de travailler le dimanche ?

C’est un choix politique, il s’agit ici de conserver des temps de partage en commun, ceux-ci s’avèrent particulièrement importants après les événements que nous venons de vivre.

Franck Margain

Conseiller régional d’Ile de France – UMP

Conseiller d’opposition dans le XIIème arrondissement de Paris

Vice-président du Parti-Chrétien Démocrate

 

 

 

 

 

 

 

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