L’air que l’on respire en Europe

Le 17 mars 2014 à 19 h 04 min, par Franck Margain

L’air devient irrespirable dans les grandes agglomérations françaises. Il aura suffi d’un anticyclone sur la France pour révéler l’ampleur des émissions toxiques dans l’air. L’ensemble de la population française a pu se rendre compte que, si jamais le vent n’était pas assez fort pour chasser en permanence les particules toxiques de l’air, on suffoquerait

Pour remédier à ce pic de pollution atmosphérique, le gouvernement a pris des mesures transitoires visant à diminuer le trafic automobile. Et c’est à cette occasion qu’on a découvert l’existence du ministre de l’environnement ! Cependant, face à l’ampleur du phénomène, cette réponse ponctuelle semble ridicule. Car la pollution de l’air est un phénomène continu, tout au long de l’année. Il n’y a donc de toute évidence pas une réelle prise de conscience de la gravité du problème.

A l’approche des élections européennes, il est nécessaire de s’interroger sur la politique européenne concernant la pollution atmosphérique, car cette question n’est pas uniquement nationale.

La pollution de l’air, causée par les rejets de polluants par les véhicules terrestres à moteurs et par l’industrie, s’est tellement aggravée qu’elle devenue une menace majeure pour la santé humaine. Elle cause diverses maladies, notamment respiratoires, qui affectent des millions de personnes. On estime à plusieurs centaines de milliers par an les décès prématurés liés à cette pollution. Peut-on rester insensible face à ce problème vital ?

On découvre aussi que cette pollution a des effets désastreux sur notre environnement : les végétaux, les sols, et l’eau. En effet, l’acidification, et l’excès de nutriments azotés ou eutrophisation provoque une perte de la biodiversité. Cette pollution défigure même nos monuments comme on le voit de manière flagrante à Paris.

Face à cela, une législation environnementale européenne a été mise en place pour améliorer la qualité de l’air. La directive du Parlement européen et du Conseil de 2008 concernant la qualité de l’air se proposait de réduire la pollution. Mais au final, elle a surtout un objectif d’information et d’évaluation plutôt que d’action résolue. Elle fixe des seuils limites par polluant. Elle normalise les méthodes d’évaluation. Elle prévoit des actions à entreprendre en cas de dépassement des seuils. Mais elle oublie finalement l’essentiel : la cause de la pollution

Encore une fois, on en reste au plan technique, et administratif, sans réelle volonté politique pour résoudre le problème en s’attaquant à ses fondements. Et logiquement, le problème reste entier.

En 2005, la Commission européenne a proposé une stratégie thématique pour réduire de 40 % le nombre de décès liés à la pollution atmosphérique en 2020 par rapport à 2000. Il s’agit de réduire de 47 % la perte d’espérance de vie liée à l’exposition aux particules, de 10 % les cas de mortalité aigüe liés à l’ozone, de 74 % les dépositions acides dans les zones forestières, en diminuant les émissions des différents polluants. Et la commission européenne estimait que, non seulement cela serait bénéfique pour la santé des Européens, mais également pour les finances publiques puisque cela ferait économiser 42 milliards d’euros par an.

Cependant, 9 ans plus tard, en pleine crise de pollution, force est de constater que les objectifs ne sont pas en bonne voie d’être atteints.

Créer des normes c’est une bonne chose. Mais la solution ne peut simplement consister à fixer des seuils. C‘est un bouleversement complet de nos paradigmes qui est nécessaire pour sortir de cette crise écologique. Et ce changement ne peut s’effectuer qu’en replaçant la personne humaine au centre de toute politique. C’est le préalable incontournable.

C’est pourquoi, nous, démocrates-chrétiens, avons plus que jamais le devoir de lutter pour la protection de l’environnement pour le bien de l’homme, et de la paix du monde.

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