Quelle politique énergétique pour demain ?

Le 20 septembre 2012 à 15 h 42 min, par Franck Margain

L’annonce de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim marque une rupture avec la politique énergétique qu’a conduit France depuis 1970 lorsque elle a choisi l’énergie nucléaire. Les raisons qui avaient motivé ce choix sont pourtant plus que jamais d’actualité.

Comme en témoigne l’envolée du prix de l’essence à la pompe ou les fortes hausses des tarifs du gaz, nous n’avons aucune maîtrise du prix de ces énergies et dépendons entièrement de pays souvent instables politiquement. Face à cela, nous avons la chance d’avoir une des énergies électrique les moins chères au monde et peu sujette aux variations imposées de l’extérieur.

Ce choix du nucléaire a durablement façonné la politique de notre pays et constitue un des piliers sur lesquels s’appuie notre compétitivité. Alors que le chômage augmente, que la balance commerciale française est dans le rouge, que des entreprises ferment chaque jour faute de pouvoir lutter et redresser leur compétitivité, il est plus que jamais capital de rappeler le rôle essentiel de l’accès à une énergie fiable et bon marché pour notre économie. Ainsi, sur la seule année 2011, notre déficit commercial en hydrocarbures était de 60 milliards d’euros : deux fois le plan de rigueur du gouvernement, 1000€ par français ! Et le gouvernement veut en plus s’asseoir sur notre politique nucléaire ? Que deviendra toute la filière nucléaire française, qui emploie plus de 400 000 personnes et exporte dans le monde entier ? Est-il également prévu d’abandonner le développement des LGV qui est entièrement lié au choix du nucléaire, et de favoriser l’avion à la place ?

L’économie verte telle que présentée par le gouvernement n’existe pas : elle consiste simplement à financer des emplois qui existent déjà dans le nucléaire par une hausse des impôts et du prix de l’électricité. Là où nous possédons une compétitivité très forte sur une technologie extrêmement pointue et surveillée, nous allons nous soumettre à la concurrence des pays émergents qui produiront nos éoliennes moitié-prix, tout en finançant cela par nos impôts. Les énergies renouvelables ont un avenir et il est du devoir des politiques de favoriser leur développement, cependant, cela ne pourra se faire qu’en s’appuyant sur les atouts du nucléaire qui doit rester la source d’énergie principale en France.

C’est à cette condition que nous pourrons continuer à réduire notre empreinte carbone. L’essor des voitures électriques illustre les progrès colossaux déjà réalisés et nous aspirons tous à nous affranchir enfin de la pollution des villes. Mais tout ceci n’a de sens et n’est possible que si développons en amont, une offre énergétique performante, peu polluante et à bas coût.

Nous avons mené jusqu’à présent une politique qui vise à démocratiser l’accès à une énergie bon marché pour offrir à chacun, même aux plus démunis, de quoi se chauffer en hiver ou simplement la possibilité de prendre une douche chaude à moindre coût. Nous ne pourrons pas demander à 10% de la population de supporter seuls la forte hausse des prix vers laquelle le gouvernement nous conduit. Bien qu’il le cache par ses effets d’annonce avec les forfaits énergie, le gouvernement est bien en train de mettre la main à notre porte-monnaie à tous.

Plutôt que de brader notre indépendance énergétique pour des accords électoraux, le gouvernement ferait mieux de regarder avec courage et détermination les défis à relever. Pour le nucléaire, il s’agit de continuer à améliorer la sureté de nos centrales actuelles et les solutions de retraitement des déchets, tout en préparant l’avenir et le renouvellement du parc. Parallèlement, nous devons continuer à développer les énergies renouvelables pour les rendre plus performantes et attractives avec l’objectif qu’elles puissent à terme offrir une véritable solution alternative et être viables économiquement. Enfin, nous devons continuer les efforts engagés sur la réduction de notre consommation énergétique et l’étalement de la demande. Voilà les vraies questions.

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