L’année de la clarification idéologique

Le 3 mars 2017 à 15 h 13 min, par Franck Margain

L’élection présidentielle de 2017 est déjà entrée dans l’histoire comme une des plus étonnantes. La campagne, à travers les élections primaires, nous a réservé des surprises qui ont choqué le microcosme politicien et révélé que les électeurs en ont assez des candidats désignés gagnants en avance par le système.

Mais au-delà de ces surprises, et au-delà des affaires judiciaires qui viennent polluer la préparation de cette élection, il y a un phénomène plus intéressant que nous pourrions appeler la clarification idéologique. Cette clarification s’est opérée dans tous les camps politiques.

A gauche, nous avons vu deux gauches irréconciliables : l’une progressiste socialisante (Hamon), l’autre libertaire libérale (Macron). La candidature de Macron a d’ailleurs permis de montrer que le centre est à gauche : Bayrou et son Modem l’ont rejoint, et l’UDI glisse lentement mais sûrement vers cet emplacement de l’échiquier politique.

Le Front National est quant à lui assez clair avec une ligne nationaliste avec deux tendances : une conservatrice traditionnelle (celle de Marion), et l’autre plus libertaire (celle de Philippot).

Mais le problème se situe à droite. Lorsque François Fillon a gagné, nous avons cru à une clarification également, avec le choix tranché d’une ligne libérale conservatrice. Néanmoins, le choix a été de faire un rassemblement artificiel avec l’UDI, au détriment des Chrétiens-Démocrates.

Cela revenait à brouiller complètement la ligne idéologique. En effet, le programme de l’UDI est idéologiquement plus proche de la gauche libérale libertaire. Quant aux électeurs de l’UDI ils ont voté naturellement pour Alain Juppé.

Les Chrétiens-démocrates, bien que n’étant pas libéraux, peuvent s’accomoder au moins en partie de la ligne de Fillon. Et faut-il le rappeler, l’électorat chrétien-démocrate a été à l’origine même de la victoire de Fillon. Pourtant, ils sont de fait exclus.

Comment un électeur de droite s’y reconnaîtrait ? Et sur quel fondement se fera la future majorité présidentielle ? Un candidat qui ignore ainsi l’électorat (chretien pour dire les choses sans détour) qui a fait sa victoire, n’hypothèque-t-il pas ses chances de victoire ?

Les Français veulent de la clarete quand on la leur refuse, ils se chargent de l’obtenir. Gare au bulletin de vote ! L’UDI commence à le comprendre et se rapproche à pas feutré de Macron. Le candidat de la droite devrait se souvenir des artisans de sa victoire passée pour construire son éventuelle victoire future.

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